Syrie. La presse officielle de Damas salue la "volte-face" de Macron

Le départ du président syrien Bachar al-Assad n'est plus une priorité pour la France, dont l'objectif numéro un est de lutter contre les groupes terroristes en Syrie, affirme Emmanuel Macron dans un entretien publié jeudi dans huit journaux européens.

Avant de se justifier:"Quand vous fixez des lignes rouges, si vous ne savez pas les faire respecter, vous décidez d'être faible". Sur ce sujet, ma conviction profonde, c'est qu'il faut une feuille de route diplomatique et politique.

Un entretien étonnant et détonnant qui a le mérite de tirer les leçons des errances diplomatiques françaises sur le dossier syrien.

"Après l'échec de tous les paris sur les mouvements terroristes pour porter atteinte à l'État patriotique syrien, après l'échec du complot ourdi par les soutiens du terrorisme et ses créateurs, après le retour du terrorisme à la gorge de ses créateurs, les pays occidentaux commencent à faire volte-face et à changer leur position sur la crise syrienne, afin de trouver une nouvelle posture pour sauver la face."
"Ce sont eux, nos ennemis", a-t-il fait valoir, ajoutant qu'il ne voulait pas que la Syrie devienne un "État failli [en théorie des relations internationales, un État qui n'exerce plus d'autorité sur son territoire]". Des propos qui laissaient penser qu'il penchait à l'époque pour une solution impliquant le départ de Bachar el-Assad.

Fini le "Assad doit partir", lancé par Paris à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy et pendant une bonne partie du mandat Hollande. Diplomatiquement, rien n'avance, Genève ne sert pas à grand chose. "Nous avons besoin de la coopération de tous pour les éradiqueR, en particulier de la Russie", déclare-t-il, soulignant les discussions constructives avec Vladimir Poutine lors de son passage à Paris fin mai. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian était d'ailleurs mardi à Moscou pour poser les bases de cette nouvelle relation dans un "esprit de confiance". La France n'a pas participé à la guerre en Irak et elle a eu raison. "Et elle s'est trompée en faisant la guerre de cette façon en Libye", dit-il encore.

Puis, le chef des armées défend la nécessité de " la stabilité de la Syrie, car je ne veux pas d'un Etat failli. "La démocratie ne se fait pas de l'extérieur, sans tenir compte des peuples". Mais Bachar, ce n'est pas notre ennemi, c'est l'ennemi du peuple syrien (...) Que peut-on faire?

Pourtant, le nouveau chef de l'État, qui a réitéré au passage ses "lignes rouges" sur le dossier syrien, à savoir "les armes chimiques et l'accès humanitaire", n'a fait que reprendre quasiment mot à mot une formule qu'il avait déjà utilisé pendant la campagne électorale. Avant de préciser: "S'il y a utilisation d'armes chimiques, dès lors bien évidemment que la provenance en est identifiée, il y aura une riposte de la France".

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