Une large majorité pour un départ de François Bayrou du gouvernement

Les démissions des deux derniers ministres MoDem du gouvernement portent à quatre le nombre d'"exfiltrés " pour cause d'affaires.

" Je trouve que la décision de François Bayrou l'honore, c'est une décision républicaine, éthique", a-t-elle dit sur RTL. Ces allégations sont d'autant plus gênantes pour M. Macron que M. Bayrou avait présenté un projet de loi pour nettoyer la politique française, une des principales promesses électorales du nouveau président.

En cas de maintien au sein de l'équipe gouvernementale dirigée par Edouard Philippe, 64% souhaitent que François Bayrou change de ministère, contre 36% qu'il reste à la Justice.

Enfin, il a rejeté l'idée qu'Emmanuel Macron ait voulu se débarrasser de lui après le deuxième tour des législatives et la majorité absolue de La République en marche à l'Assemblée nationale.

Dans les rangs de l'exécutif et au MoDem, on est catégorique: la majorité présidentielle ne varie pas d'un iota, malgré les départs de Sylvie Goulard, Marielle de Sarnez et François Bayrou du gouvernement, mardi et mercredi. Il fait lui aussi l'objet d'une enquête pour conflit d'intérêts, relativement à des décisions prises alors qu'il dirigeait un assureur. Le nouveau gouvernement devait être présenté "avant 18 heures", selon l'Elysée. "Je ne sais pas s'il quitte le gouvernement de son plein gré (...), mais c'est une bonne décision qui honore François Bayrou", a réagi l'ancienne ministre Corinne Lepage, invitée de Bureau de vote sur RMC. La vice-présidente du parti centriste présidera le groupe MoDem à l'Assemblée nationale.

Les trois ministres sont concernés par une enquête préliminaire concernant le financement, par le Parlement européen, d'assistants parlementaires qui auraient sur une partie de leur temps travaillé pour le parti du Modem, et non sur les questions européennes. Eurodéputée et membre du MoDem, la ministre des Affaires européennes a également annoncé son départ du gouvernement dans l'affaire des soupçons d'emplois fictifs des assistants du MoDem à l'instar de sa collègue Sylvie Goulard.

Ces accusations d'emplois fictifs ont contraint la ministre des Armées Sylvie Goulard, qui fut adhérente du MoDem, à démissionner mardi pour se défendre. Avec Geneviève Darrieussecq et Jacqueline Gourault, ce sont deux figures proches de François Bayrou qui entrent au gouvernement, bien qu'à des postes secondaires. L'affaire relativise sérieusement les proclamations de vertu politique, surtout qu'elle vient après "l'exfiltration " de Richard Ferrand, visé par une enquête préliminaire de la justice.

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