Précarité : de nombreuses femmes n'ont pas accès aux soins

Le Haut conseil à l'Egalité remet aujourd'hui à la secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, un rapport qui décline 21 recommandations pour améliorer l'accès aux soins de santé des femmes en situation de précarité.

Selon ce rapport les accidents de travail touchant cette catégorie ont pratiquement doublé entre 2001 et 2015 avec +81% dans les activités de santé, nettoyage et travail temporaire.

Un rapport du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes dénonce les difficultés d'accès aux soins des femmes en situation précaire. Les accidents de trajet ont quant à eux augmenté de 43% et les femmes sont plus exposées aux troubles psychologiques. Ces dernières ont un moindre suivi gynécologique que les autres femmes, ont moins souvent recours aux dépistages du cancer du sein et de l'utérus.

Accès à l'IVG: encore des efforts à faire
Gyneco Le 17 jan 2017 Accès à l'IVG: encore des efforts à faire Selon le Haut conseil à l'égalité entre les femmes

La mortalité prématurée liée à des maladies cérébro-cardiovasculaires chez les ouvrières est en moyenne, elle, trois fois supérieure à celle des cadres et professions intermédiaires. Ce qui s'explique notamment par des risques accrus liés à la précarité (tabac, alcool, surpoids). En effet, sur 10 personnes qui renoncent à l'accès aux soins, 7 sont des femmes. Les femmes représentent ainsi 64% des cas, soit 9,5 millions d'individus.

En raison de leurs spécificités, le Haut Conseil préconise, parmi 21 recommandations, d'" intégrer le genre dans les politiques publiques " de lutte contre les inégalités sociales de santé, et de généraliser la publication de statistiques sexuées en atière de santé au travail. "Malgré la réforme récente, les trois quarts des travailleur.euse.s qui ont cumulé au moins un point sur leur compte prévention pénibilité sont des hommes", ajoute le rapport. Il en est ainsi pour la manutention de charges peu importantes mais répétées, de la station debout, des horaires atypiques, mais aussi de considérer les produits ménagers parmi les "agents chimiques dangereux".

Édition: