La sixième extinction massive est enclenchée — Biodiversité

"Plusieurs espèces d'animaux qui étaient relativement en sécurité il y a dix ou vingt ans", comme les lions et les girafes, "sont désormais en danger", selon cette étude.

Le signal d'alarme est tiré par des chercheurs dans une étude qui conclut au pire pour les vertébrés. "Les moteurs ultimes de la sixième extinction de masse sont moins souvent cités".

Pour arriver à cette conclusion, ils ont établi une différentiation entre la disparition des espèces, plus lente, et celle des individus, déjà alarmante.

Les auteurs se sont ainsi concentrés sur un échantillon de 27 600 espèces de vertébrés, soit environ la moitié du groupe. La dernière en date est celle qui a fait disparaitre les dinosaures à la fin du Crétacé il y a quelque 66 millions d'années.

Depuis que la vie est apparue sur Terre, notre planète a connu cinq extinctions de masse. Ils ont choisi de s'intéresser au déclin des "populations", c'est-à-dire du nombre d'animaux de chaque espèce.

La disparition d'un maillon peut donc entraîner la disparition des autres et les chercheurs prédisent de graves conséquences sur l'humanité si rien n'est fait pour enrayer cette extinction dans les 20 à 30 ans à venir: les espèces n'auront plus assez de ressources, notamment pour migrer, en réponse au réchauffement planétaire, et les écosystèmes ne pourront plus rendre les services qu'ils nous ont rendus jusqu'à présent, par exemple en termes de nourriture (chasse) ou de pharmacopée (cueillette des plantes). Paradoxalement, 30% des espèces en déclin ne sont pas considérés comme menacées par l'Union internationale pour la conservation des espèces menacées (UICN). Les scientifiques concluent à une "défaunation" catastrophique à la fois en nombre d'animaux et en étendue géographique: "L'extinction de masse a été sous-estimée, elle est catastrophique". Les scientifiques mettent également l'accent sur l'accélération du phénomène, rappelant que près de 200 espèces vertébrées se sont éteintes au cours des cent dernières années. Sur 177 espèces de mammifères pour lesquelles les scientifiques disposaient des données les plus complètes, ils ont observé une réduction de plus de 40 % de leur répartition géographique - et jusqu'à 80 % pour la moitié d'entre elles. Le nombre d'Orang-Outan de Bornéo a diminué de 25% en 10 ans pour atteindre 80.000 animaux. "Qu'autant d'espèces communes voient leurs effectifs diminuer est un signe fort de la gravité de l'épisode d'extinction biologique actuelle", explique l'un des chercheurs.

Les causes sont déjà connues: elles sont imputables, en premier lieu, à la perte et à la dégradation de l'habitat sous l'effet de l'agriculture, de l'exploitation forestière, de l'urbanisation ou de l'extraction minière. Selon eux, il faut utiliser des technologies moins destructrices pour l'environnement, arrêter le commerce des espèces en voie de disparition et aider les pays à protéger leur biodiversité.

Pour stopper cet anéantissement de la faune et de la flore, "la fenêtre d'action est très courte, probablement deux ou trois décennies tout au plus", préviennent-ils.

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