Le dissident chinois Liu Xiaobo est mort

Certains pointent ouvertement la responsabilité de Pékin.

Atteint d'un cancer en phase terminale, Liu Xiaobo avait été sorti de prison et admis à l'hôpital de Shenyang en juin dernier. Les autorités affirment qu'il est soigné par des cancérologues réputés.

Enfin, le DFAE demande au gouvernement chinois de garantir à Liu Xia ses droits fondamentaux, notamment sa liberté de mouvement. Les autorités ne nous laisseront certainement pas assister " à une éventuelle cérémonie, a-t-il déclaré.

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a exprimé sa "profonde tristesse". Mais le Nobel avait également assuré une reconnaissance internationale à l'engagement de Liu Xiaobo, une lutte de plusieurs décennies marquée par de longues périodes de détention.

MM. Tusk et Juncker exhortent aussi Pékin à "lever toutes les restrictions à la liberté de mouvement et de communication" des membres de la famille du dissident, et à autoriser notament sa femme à quitter la Chine si elle le souhaite. Mais ce qui, à notre conscience d'homme libre, rend cette mort d'autant plus révoltante et pénible à la fois, par-delà son indéfectible dignité, c'est que cet intellectuel de haute volée, dont l'un des maîtres à penser fut un autre célèbre opposant à la dictature communiste, Vaclav Havel, est mort après une effroyable agonie, subie presque entièrement en prison, d'où il n'aura été finalement libéré sous condition, après presque huit ans de réclusion, que tout récemment.

"La Chine est un Etat de droit".

L'annonce du décès de Liu Xiaobo tombe mal pour Pékin, mettant en lumière son traitement des opposants politiques à l'approche du XIXe congrès du Parti communiste chinois, qui devrait accorder un nouveau mandat au président Xi Jinping à la tête du pays.

"Nous jugeons très troublant que Liu Xiaobo n'ait pas été transféré où il aurait pu recevoir un traitement médical adéquat avant d'arriver en phase terminale", déplore Berit Reiss-Anderssen, présidente du comité, dans un courrier électronique transmis à Reuters.

La nouvelle administration américaine de Donald Trump continue, comme le faisait la précédente de Barack Obama, de sommer la Chine d'améliorer son bilan en matière de droits de l'homme.

Président du Centre chinois indépendant (PEN) de 2003 à 2007, Liu Xiaobo cosigne la Charte 08 en 2008, un manifeste qui réclame une réforme du système politique chinois, pour plus de démocratie.

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