Turquie : Erdogan démocrate, dites-vous!

Les autorités turques ont toujours accusé le prédicateur Fethullah Gülen, grand adversaire de Recep Tayyip Erdogan, qui vit en exil aux Etats-Unis, d'être l'instigateur de ce coup d'Etat. Depuis, le pays a connu des purges d'une ampleur sans précédent dans l'histoire de la Turquie moderne. "Ces monstres recevront sans doute les châtiments les plus lourds que la loi puisse prévoir", a-t-il martelé. Par ailleurs, des vidéos sponsorisées par le gouvernement turc sur l'"épopée du 15 juillet" 2016 étaient diffusées à la télévision. Elle a ouvert la voie à une campagne de purges qui ont touché toutes les strates de la société. Depuis un an, 50.000 sympathisants ont été arrêtés et plus de 100.000 personnes limogées. En tout, 4 000 magistrats ont été radiés et l'armée turque, la deuxième de l'Otan, est affaiblie, avec le limogeage -jusqu'au décret de vendredi - d'au moins 150 généraux.

Un mouvement de protestation pour défendre "la justice" conduit par le leader du principal parti d'opposition (CHP), Kemal Kiliçdaroglu, est ainsi parvenu à mobiliser des centaines de milliers de mécontents. Que personne n'attende que nous levions l'état d'urgence avant que tout cela ne prenne fin " a déclaré Recep Tayyip Erdogan.

Ses opposants l'accusent de dérive autocratique depuis la tentative de coup d'Etat, mais il a balayé les critiques, notamment occidentales, dénonçant un "manque d'empathie" des pays européens avec lesquels les relations se sont tendues.

L'un des épisodes les plus marquants s'est déroulé sur le pont des Martyrs du 15 juillet, ainsi rebaptisé après le coup de force. Il prononcera également un discours au Parlement au cours de la nuit, afin de marquer la minute précise où les putschistes ont bombardé le siège de l'Assemblée nationale.

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