Faut-il (vraiment) s'inquiéter — Oeufs contaminés

Déjà, des centaines de milliers de poules ont été abattues dans les exploitations touchées. L'institut allemand choisi utilise un protocole d'analyse différent, qui comprend des analyses sur le fipronil. "Pour provoquer une neurotoxicité pour des gros mammifères comme l'homme, il faudrait vraiment être exposé à une dose importante de fipronil", explique à "l'Obs" Annette Lexa, spécialiste en toxicologie, inscrite au registre des toxicologues européens. - 3 juin: Dès le lendemain, l'Afsca se rend dans l'exploitation qui a livré les oeufs, la production est bloquée ainsi que les oeufs qui avaient quitté l'élevage.

L'agence lance alors une série de tests et de contrôles, bloque un certain nombre de lots, et tente de remonter à la source de la contamination. Les initiales "NL" et "BE" sont utilisés pour les Pays-Bas et la Belgique, qui sont à éviter en cette période. Dans un cas, la teneur était tellement élevée que les autorités néerlandaises ont prévenu qu'elle constituait un "grave danger" pour les consommateurs d'oeufs contaminés. Le Dega-16 est censé être un complément alimentaire pour volailles à base de menthol et d'huile d'eucalyptus, soit un produit naturel.

Elles ont abouti à l'arrestation de deux dirigeants de ChickFriend, entreprise néerlandaise chargée de la désinfection dans les élevages.

L'affaire des œufs contaminés au fipronil prend de l'ampleur en Europe.

La présence d'œufs contaminés est attestée jusqu'à présent dans douze pays européens: Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni, France, Suède, Suisse, Luxembourg, Danemark, Autriche, Slovaquie, Roumanie.

La Belgique a accusé les Pays-Bas d'avoir traité avec légèreté une information anonyme reçue en novembre 2016 sur l'utilisation de fipronil dans les élevages néerlandais. Dans toutes les entreprises, des échantillons ont été prélevés pour analyser la présence de Fipronil.

Mais ce n'est que le 20 juillet que le gouvernement belge alerte l'Union européenne.

Pendant ce temps, la Belgique et les Pays-Bas ont lancé une collaboration judiciaire. Le ministère n'est néanmoins pas en mesure de dire "si les produits incriminés se sont retrouvés dans le commerce et de quelle quantité il s'agit", même si une enquête a été ouverte. C'est cette entreprise qui est soupçonnée d'avoir employé du fipronil dans son produit contre le pou rouge, et ce, malgré l'interdiction. La société a indiqué avoir pris cette décision pour des raisons économiques. Des milliers de documents sont saisis.

Plusieurs autres pays ont reconnu avoir trouvé des traces de contamination. Il ajoute: "Je vais solliciter une réunion avec la commission européenne sur les échanges d'informations entre les États membres pour plus de transparence et de coopération". Quelques jours plus tôt, un client belge avec qui il est en contrat avait refusé de réceptionner ses oeufs "compte-tenu d'une présomption d'utilisation d'un insecticide interdit pour cet usage par un prestataire indépendant', précise la Préfecture du Pas-de-Calais". Le négociant néerlandais de fipronil a été entendu comme suspect le 31 juillet. Les poules contaminées le restent pendant six à huit semaines.

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