Bruno Le Maire dénonce une situation fiscale "inacceptable" — Airbnb

Pour le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, cette situation est "inacceptable" et sera l'un des objets d'une rencontre avec le ministre allemand dès le mois de septembre. Mais de cet argent, le fisc français n'en voit pas la couleur: le gros de l'activité d'Airbnb dans l'Hexagone transite en effet par la filiale irlandaise, un pays où la fiscalité des entreprises est bien plus douce qu'en France avec un impôt sur les sociétés de 12,5%, contre 33% en France.

Dans ce contexte est prévu, au prochain conseil des ministres européens qui se déroulera le 15 septembre à Tallinn (Estonie), le dépôt d'une proposition franco-allemande spécifique à la fiscalité du numérique. Un montant étonnamment bas alors que la France, qui propose 400 000 logements sur son site, est le deuxième marché d'Airbnb derrière les Etats-Unis.

Selon des calculs effectués par Le Parisien, Airbnb, spécialiste de la location d'appartements entre particulier, s'est acquittée en 2016 de moins de 93 000 euros d'impôt sur les sociétés. "Mais c'est également notre droit d'exiger de la part d'Airbnb et de toutes les plates-formes du numérique une juste contribution au Trésor public français", a déclaré le ministre devant la représentation nationale.

M. Le Maire a certes reconnu que l'OCDE et la Commission européenne s'étaient déjà emparées de ces questions fiscales: "mais tout cela prend trop de temps, tout cela est trop compliqué", a-t-il regretté.

Évoquant l'initiative franco-allemande en la matière, le ministre a expliqué que celle-ci aurait pour objectif d'obtenir "une taxation de toutes les plates-formes du numérique, de tous les géants du numérique", qu'il s'agisse de Google, d'Amazon ou de Facebook. Or " aujourd'hui, cette juste contribution n'existe pas ", a constaté Bruno Le Maire.

Édition: