RÉPONSE À ANGELA MERKEL - La Turquie accuse l'Europe de "barbarie"

"Il est clair que la Turquie ne doit pas devenir un membre de l'UE", a notamment déclaré Mme Merkel. Elle a très nettement durci le ton à l'égard du président Recep Tayyip Erdogan.

Pour Recep Tayyip Erdogan, Angela Merkel est responsable d'une "soumission au populisme". "Nous voudrions avoir de meilleures relations avec la Turquie, mais il faut voir la réalité en face", avait expliqué Angela Merkel fin août.

Lors de sa campagne pour un référendum constitutionnel en vue "d'un régime ultra-présidentiel", le président turc Erdogan n'avait en outre pas retenu ses attaques à l'encontre de l'Allemagne et de l'Union européenne.

Ainsi, "la question de l'adhésion de la Turquie 'pourrait être évoquée' lors du prochain sommet européen en octobre", a annoncé le porte-parole d'Angela Merkel lundi 4 septembre.

A l'heure où Bruxelles, Paris et Berlin menacent de sanctions des Etats membres de l'Union européenne (UE) - la Hongrie et la Pologne - pour non-respect de règles communes, maintenir ouvertes des négociations d'accession avec un autocrate qui, pris dans une spirale de répression, emprisonne les journalistes à tour de bras, y compris ceux de l'Union européenne, est, c'est vrai, difficilement justifiable.

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a tenté de calmer ce jeu de la surenchère. "De toute façon avec lui j'ai l'habitude", a-t-elle déclaré.

Ces laborieuses négociations, débutées en 2005, sont au point mort depuis des mois en raison de l'évolution politique en Turquie, dont le pouvoir est accusé par ses détracteurs de dérive autoritaire. En juillet dernier, les eurodéputés ont voté en faveur de la suspension de ces négociations, si Ankara décide d'engager sa réforme constitutionnelle renforçant les pouvoirs présidentiels.

Toutefois, le président turc a ajouté qu'il espérait que les relations tendues entre les deux pays pourraient s'améliorer.

Les propos de la chancelière marquent un net durcissement de la position du gouvernement allemand, alors que s'accumulent les sujets de tension entre Ankara et Berlin, qui dénonce la mise en détention des citoyens allemands pour des raisons politiques.

Édition: