Le Président Temer accusé d'être le leader d'une organisation de malfaiteurs — Brésil

Le chef de l'État est déjà au centre d'un vaste scandale de corruption.

Les services de M. Janot ont précisé que six collaborateurs du chef de l'Etat sont également visés.

Ces accusations s'appuient notamment sur les confessions explosives du magnat de la viande Joesley Bastista, auteur d'un enregistrement compromettant pour le président Temer qui a déclenché un véritable séisme politique au Brésil.

Lui-même ciblé par plusieurs enquêtes anti-corruption, l'homme d'affaires avait remis l'enregistrement aux autorités dans le cadre d'un accord de collaboration avec la justice grâce auquel il espérait échapper à la prison. Mais il est accusé d'avoir dissimulé des éléments importants au moment de passer aux aveux, ce qui a motivé l'ordre d'arrestation de la Cour suprême et peut entraîner l'annulation de l'accord de collaboration. "Il n'y a aucune raison qu'il ne soit pas libéré", a affirmé l'avocat à l'AFP. Début août, le chef de l'État avait néanmoins sauvé son mandat en obtenant une large majorité à la Chambre des députés pour empêcher l'ouverture d'un procès à son encontre.

Cette nouvelle mise en accusation était attendue comme le dernier fait d'armes du procureur Rodrigo Janot, un des fers de lance de la lutte anticorruption.

Cette affaire de délit d'initiés autour de JBS et des Batista fait suite à une enquête de la commission de régulation des marchés, la CVM, sur des transactions effectuées par les deux frères avant un arrangement conclu entre eux et la justice moyennant leur témoignage qui a été annoncé à la mi-mai.

Mais le procureur général n'a pas de temps à perdre: son mandat arrive à son terme en fin de semaine et il sera remplacé par Raquel Dodge, magistrate désignée par Michel Temer.

La Chambre des députés va décider si Michel Temer doit ou non comparaître devant la Cour suprême.

Édition: