En attendant Blade Runner 2049

A chaque décénnie, Blade Runner revint sur le devant de la scène avec de nouveaux montages, séances et éléments promotionnels qui petit à petit, firent grossir l'impact discret mais sensible que le film avait déjà dans les bons cercles. Qu'on se rassure: à l'écran, ce n'est ni l'un ni l'autre. Puis dans l'international il y a Confident Royal de Stephen Frears et pour finir Téhéran Tabou de Ali Soozandeh.

Ainsi, trente-cinq ans après "Blade Runner", nous sommes replongés dans le cauchemar paranoïaque d'un futur déglingué, avec des survivants - dont Deckard (Harrison Ford) - et des fantômes - dont sa sublime femme digitale, Rachael. "Blade Runner" n'a rien perdu de sa force et demeure un chef d'oeuvre encore aujourd'hui.

Ecrit par Eric Toledano ainsi que Olivier Nakache qui ont tout les deux fait le film Samba. En 1982, Ridley Scott sortait du succès du premier Alien.

Relativement contemplatif tout au long de ses plus de 2h30, Blade Runner deuxième du nom, nous laisse cependant un peu sur notre faim, ouvrant de nombreuses pistes, nourrissant des réflexions très pertinentes, mais sans vraiment y apporter une proposition de réponse ou même un dénouement clair ... à l'instar du film original. Publié en 1968, ce classique de la littérature de science-fiction a été éclipsé par son adaptation cinématographique, mais constitue en soi une œuvre importante qui peut permettre d'encore mieux comprendre l'univers dans lequel prendra place le film de Villeneuve.

Même dans "Blade Runner 2049", qui sans surpasser le film de Ridley Scott reste passionnant, Denis Villeneuve parvient à faire vivre son cinéma et sa personnalité.

C'est un événement pour tous les fans de science-fiction. Pas question ici de signer un remake caché de l'original (comme dans le dernier "Star Wars" par exemple) mais bien de prolonger la réflexion autour de l'intelligence artificielle et de l'éveil à la conscience des robots imaginée par Philip K. Dick dans son roman "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?", publié en 1968 et dont "Blade Runner" était l'adaptation. Trop occupé par Thelma et Louise, il aurait aimé avoir plus de temps à consacrer au " Director's Cut ".

© IPM Réalisation: Denis Villeneuve. Heureusement que la mise en scène et la photographie sont idéales, parfaitement en phase avec le premier Blade Runner, dans les couleurs, les décors, l'ordre urbain cachant un chaos humain. La découverte d'un secret le met sur la trace de Rick Deckard, un ancien Blade Runner disparu depuis 30 ans. Les réplicants, ces androïdes plus conscients que nature conçus pour aller explorer l'espace, ont été perfectionnés de manière à les rendre intangiblement obéissants par la corporation Wallace, multinationale tentaculaire à mi-chemin entre Sony et Monsanto menée par le magnat Niander Wallace (Jared Leto, en roue libre).

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