Catalogne: le chef de la police catalane devant la justice à Madrid

Carles Puidgemont, le président de la région Catalogne, farouche partisan de l'indépendance, a annoncé vendredi qu'il repoussait à mardi son intervention devant le parlement catalan prévue lundi.

A l'issue du débat, une déclaration unilatérale d'indépendance était envisagée, selon une source du gouvernement régional.

Des résultats encore provisoires diffusés par des responsables catalans montrent que le oui l'a emporté à 90% lors du référendum interdit de dimanche, mais la participation n'a atteint que 43% des inscrits. Carles Puigdemont a lancé cette semaine différents appels à médiation, rejetés par le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy, qui se trouve également poussé par son camp à répondre fermement au défi indépendantiste.

L'instabilité dans cette région grande comme la Belgique alarme tous les Espagnols, mais aussi l'Europe.

Une déclaration d'indépendance "serait une folie", a estimé l'ancien Premier ministre français Manuel Valls, originaire de Barcelone, ajoutant que cette démarche ouvrirait une "boîte de Pandore" des projets séparatistes en Europe.

Ils pourraient chercher à profiter de l'élan plus favorable dont ils disposent dans l'opinion catalane, qui est aussi scandalisée par les violences policières ayant fait au moins 92 blessés et quelque 800 personnes ayant requis une assistance médicale.

La situation est toujours tendue entre la Catalogne et le gouvernement central espagnol.

Preuve en est, la comparution ce vendredi du chef de la police catalane et de séparatistes devant des juges à Madrid. Et les deux indépendantistes ont appelé au dialogue. "Il faut accepter la réalité, il y a un conflit politique, qui ne peut se résoudre que par la voie politique", a dit Jordi Cuixart.

Depuis le début de la crise actuelle, la justice a agi avec fermeté contre les indépendantistes. La Cour constitutionnelle espagnole a suspendu, jeudi 5 octobre, la séance plénière du Parlement régional de Catalogne prévue lundi prochain, au cours de laquelle les dirigeants séparatistes menaçaient de proclamer l'indépendance.

La crise politique a contaminé le secteur économique: Caixabank, première banque de Catalogne et troisième d'Espagne, doit décider vendredi si elle déménage son siège social hors de la région.

Jeudi, c'est Banco Sabadell, deuxième banque de Catalogne qui a annoncé le transfert de son siège social à Alicante, dans le sud-est du pays, après la dégringolade de son cours en Bourse.

Ces deux banques, si elles restaient dans une Catalogne indépendante, seraient exclues de la zone euro. Mais une telle suspension échaufferait encore davantage les esprits en Catalogne, risquant de déclencher une spirale de violence.

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