Les banques, anxieuses, font pression sur les indépendantistes — Catalogne

Vers 10H15 (08H15 GMT), le titre de banque catalane CaixaBank, troisième d'Espagne, perdait 5,08 % à 3,91 euros, et celui de Banco de Sabadell, également basée à Barcelone, environ 4,51 % à 1,61 euros. Caixa, notamment, est un acteur économique de premier plan dans la région, où elle finance le développement des entreprises, soutient des projets culturels et sociaux, etc. Un historique qui pèse bien peu à l'heure de protéger ses intérêts et ceux de ses clients: en conservant son siège dans une Catalogne indépendante, le groupe bancaire risquerait de perdre tout accès aux marchés européens.

Ces derniers envisageaient de déclarer unilatéralement l'indépendance dès lundi, au cours d'une session parlementaire suspendue jeudi par la justice espagnole.

D'autant qu'elle fait suite à l'annonce du départ pour Madrid, faite la veille, de deux sociétés catalanes de la high-tech, la biotech Oryzon Genomics et l'opérateur de télécoms Eurona Wireless.

Après l'annonce faite hier par une grosse société catalane Oryzon de transférer son siège social de Barcelone à madrid, c'est au tour des banques, ce jeudi, de réagir aux conséquences d'une déclaration d'indépendance de la Catalogne. Le quotidien El Mundo évoque un transfert provisoire vers les îles Baléares (sud-est).

Les banques catalanes "ont indiqué que si le processus (d'indépendance) se poursuivait, elles étaient totalement ouvertes à une relocalisation de leur siège", avait déclaré dans la journée le ministre de l'Economie Luis de Guindos à Bloomberg TV.

Pendant ce temps, les milieux économiques se montraient de plus en plus anxieux.

Dans une allocution télévisée diffusée mercredi soir, M. Puigdemont a vivement critiqué le message du roi Felipe VI aux Espagnols sur la crise, où il avait dénoncé la "déloyauté" de l'exécutif catalan. Une crise qui divise la Catalogne, où vivent 16% des Espagnols et où la moitié de la population n'est pas indépendantiste selon les sondages. Il a estimé que le roi avait "délibérément ignoré des millions de Catalans" scandalisés par les violences policières.

Mariano Rajoy a appelé les dirigeants catalans à "revenir dans la légalité", dans un entretien avec l'agence nationale EFE.

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