Des dizaines de milliers d'Espagnols manifestent pour "le dialogue" et l'"unité" — Catalogne

Carles Puidgemont a demandé l'aide de l'Union Européenne, qui pourrait alors servir "d'arbitre", afin de ne pas laisser la situation bloquée comme aujourd'hui.

Mais si sa position reste inchangée, les circonstances politiques, elles, ne sont plus du tout les mêmes. Le président catalan Carles Puigdemont a annoncé qu'il repoussait son intervention devant le Parlement catalan, prévue lundi.

Mais, selon le site Infolibre "une partie de PDeCAT (Parti démocrate européen catalan, de centre droit, majoritaire parmi les séparatistes) est partisane d'introduire une clause qui reporte l'entrée en vigueur de l'indépendance, voire de la suspendre si l'État accepte de négocier".

Cette annonce fait suite à celle du conseiller régional en charge des Affaires étrangères, Raul Romeva, qui a déclaré à la BBC que le parlement catalan se réunirait comme il l'a prévu lundi en dépit de l'arrêt de la Cour constitutionnelle interdisant cette session. La loi organisant ce scrutin indique même qu'elle s'impose à toute autre norme qui entrerait en conflit avec elle, y compris la Constitution. Les séparatistes envisageaient une déclaration d'indépendance unilatérale au cours de cette séance. Des premiers gestes qui pourraient faciliter un dialogue entre Barcelone et Madrid sont apparus, hier, à trois jours de la date initialement envisagée par la Catalogne pour une déclaration unilatérale d'indépendance qui fait trembler l'Europe. En septembre 2017, le Parlement régional vote une loi pour la tenue d'un référendum sur la question de l'indépendance.

Le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, a appelé les dirigeants catalans à "revenir dans la légalité", dans un entretien avec l'agence de presse espagnole EFE.

Qui pour mener la mission de médiation?

Des divergences apparaissent également entre les dirigeants du camp indépendantiste.

Jeudi matin, la Bourse de Madrid reprenait quelques couleurs (+0,75%) au lendemain d'une chute de près de 3%.

La banque Sabadell n'a pu être jointe pour commenter. Le quotidien le plus lu du pays soulignait que le plongeon boursier de la veille était "le pire depuis le Brexit" dans la quatrième économie de la zone euro. Le gouvernement espagnol a appelé vendredi les séparatistes catalans à dissoudre leur parlement régional et à convoquer de nouvelles élections.

"Le roi adopte le discours et les politiques du gouvernement (de Mariano) Rajoy qui ont été catastrophiques pour la Catalogne et ignore délibérément des millions de Catalans qui ne pensent pas comme eux", a dit le président Puigdemont, à la télévision publique catalane.

"Nous irons aussi loin que le peuple le voudra", dit Carles Puigdemont dans son interview à Bild.

La Catalogne est paralysée ce mardi par la grève à laquelle les indépendantistes ont appelé pour défendre leurs " droits " et protester contre les violences policières, en marge du referendum sur l'indépendance de dimanche.

Selon lui, toutefois, le fossé tend à s'approfondir entre les Catalans et les Espagnols à cause " du durcissement de Madrid, qui ne propose rien, qui ne suggère rien et qui acceptera le dialogue seulement si les Catalans renoncent en premier lieu à l'indépendance ".

"Il a tout misé sur un coup".

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