Présidentielle kenyane: Le retrait-surprise de R. Odinga

Raïla Odinga avait conditionné sa participation à ce nouveau scrutin à une réforme en profondeur de l'IEBC, la commission électorale. L'opposant historique, arrivé deuxième au terme du scrutin présidentiel du 08 avant que la Cour n'invalide les résultats, a annoncé son retrait de la course présidentielle, ce mardi 10 octobre 2017 à la faveur d'une conférence de presse organisée à Nairobi.

Le président sortant, Uhuru Kenyatta, a indiqué que l'élection se déroulerait comme prévu, promettant d'obtenir plus de votes qu'en août et affirmant que son parti n'avait pas le temps de "parler de rhétorique vide et de politique de division". L'opposition réclamait notamment l'éviction de plusieurs de ses responsables qu'elle accusait d'avoir couvert les irrégularités qui ont conduit à l'invalidation du scrutin du 8 août.

Au cours du bras de fer qui oppose depuis le début de la crise Raila Odinga au président, ce dernier avait demandé aux deux chambres parlementaires d'examiner aujourd'hui, en urgence, une modification de la loi électorale qui aurait pour conséquence de rogner les prérogatives de la Cour suprême à l'occasion du prochain scrutin.

Dans sa déclaration NASA, mardi, demande à la commission de reporter l'élection et laisser chaque partie et plate-forme désigner son candidat. Ici à Naibori, ça commencera par un rassemblement.

Un allié d'Odinga a appelé à des manifestations à l'échelle nationale à partir de mercredi, soulevant la perspective de plus d'affrontements entre la police et les manifestants alors que le précédent scrutin a déjà entrainé la mort de 35 personnes.

Les réelles implications de ce retrait sont toutefois pour l'heure incertaines, et devraient faire l'objet d'une âpre bataille sur l'interprétation des textes de loi.

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